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Bob NADOULEK : mes livres des seventies

mardi 9 janvier 1996, par Bernard NADOULEK


Mes livres des seventies


VIOLENCE AU FIL D'ARIANE 1977

De quoi essaye-t-on de rendre compte ? Du karaté comme expérience remettant en question le discours des sciences humaines à partir de ce concept refoulé : la violence. De la violence et du pouvoir comme forces signifiantes, constamment présentes mais méconnues en raison d’une inhibition collective historique dont sont livrés quelques éléments généalogiques. D’une tentative pragmatique de dépasser cette inhibition sociale, inscrivant la souveraineté de l’impuissance sur le corps dans les rapports de forces quotidiens, dans une « philosophie pratique du combat ». De l’application politique de cette vocation au combat dans une tentative de contribution à une stratégie révolutionnaire de l’autonomie sociale et politique.

Christian Bourgois Editeur (1977)


DESOBEISSANCE CIVILE ET LUTTES AUTONOMES 1978

En collaboration avec Jacques Desmaison.

Ca bouge… La crise, l’agonie du gauchisme, la rupture de la gauche, le bordel dans nos têtes et quelque chose qui nous cogne du plus profond du ventre. On se retrouve à Malville, à Bologne, à Kalkar, à Paris pour la R.A.F. et Croissant, on sera demain à Strasbourg, à Francfort et c’est la même fièvre qui nous porte ! Qui nous ? La convergence de nos identités cristallise sur une nouvelle figure de classe : le jeune prolétarisé. Surface aux mille visages : jeunes travailleurs radicalisés, étudiants prolétarisés (simultanément étudiants et travailleurs précaires), jeunes marginaux, loubards, jeunes délinquants, jeunes immigrés, lycéens, écologistes, non-violents, insoumis, le tout associé à une mouvance revenant du gauchisme, des groupes de femmes, d’homos, d’inorganisés, avec tous en commun cette envie de respirer l’air du large dans le ghetto de la politique.

Editions Alternative et Parallèles (1978)


Revue MATIN D'UN BLUES 1978

Les Zautonomes ont gagné leur étiquette politique à la porte d’une boulangerie… Mais le Croissant avait un goût amer : celui de l’Europe des Etats policiers. C’est une sorcière qui se penchait sur notre berceau, car entre les flics, la crise et un gauchisme moribond, la naissance des Zauto-gnômes jetait le pavé dans la mare du Goulag...

A peine enclenché, le mouvement décèle ses propres contradictions. Problème politique et tactique de la convergence, problème des orientations, des pratiques et des discours spécifiques… La valse des étiquettes commence : politiques, militaros, créatifs, bureaucrates, cow-boys, désirants, intellos, loubards… Nous n’entrerons pas dans ce jeux des clivages car nos sensibilités ont besoin d’espaces, pas d’étiquettes. Pour le reste, ça se règlera dans la pratique.

Alors, Matin d’un Blues ? C’est la mise en place immédiate de cet espace de créativité dont nous avons besoin pour exprimer notre autonomie dans un quotidien dont les enjeux ne seraient plus calibrés par super-marché. A quoi sert le baratin sur la révolution s’il charrie le même ennui et le même enfermement que celui des politicards habituels ? A quoi servent les discours sur le désir et la vie quotidienne si nous restons enfermés dans le réseau d’institutions qui séquestrent nos sensibilités ? A quoi servent les tirades hystéros sur la violence révolutionnaire si elles ne font que singer tristement le terrorisme d’Etat ? Alors, mille moyens de se battre sans recommencer le jeu débile des séparations, des priorités entre politique, quotidien, moyens d’expression…

Se battre à partir d’une créativité qui ne doit plus être prise en otage entre l’Etat et les vieilles catégories du discours « révolutionnaire ». La créativité ne consiste pas à nier certaines analyses objectives, à contrer l’économie politique avec l’économie libidinale, mais à utiliser toutes les bribes de pratiques, de discours, capables de faire bouger les rapports de forces politiques, de faire avancer nos enjeux quotidiens. Ce n’est pas la duplicité ou l’opportunisme, c’est la capacité de passer à travers tous les discours en faisant éclater les codes qui nous enferment.

On se reconnaît à la fois dans Lautréamont, Spinoza, Stravinsky, Marx, Van Gogh, Nietzsche, Coltrane, Baader, le rock et la défonce… On ne nous fera plus le coup des priorités révolutionnaires. On jonglera avec les concepts pour ne s’enfermer nulle part !

L’Etat est devant nous, la répression guette. D’accord ! Nous ne pensons pas qu’une nouvelle « Internationale Autonome » puisse les battre sur leur propre terrain. Nous voulons contourner le capital et nous battre là où il n’est pas encore. Les nouveaux philosophes et les Punks ont suffisamment fait l’apologie du pouvoir, les gauchos aussi, sur un autre registre. C’est vrai que l’Etat obstrue nos ventres et nos regards, mais nous nous battrons sans cynisme car notre vie et nos désirs sont entiers dans cette tension contre ce qui nous écrase.
Nous n’avons jamais cessé de nous battre, que ce soit contre le capital ou le réformisme, contre la répression à Bologne, à Paris, bientôt à Strasbourg, à Francfort, contre le nucléaire à Malville, à Kalkar, contre la misère salariée, le chômage, le contrôle social, etc. Dans chacune de ces luttes et dans celles à venir, nos pratiques tenteront d’exprimer la mesure d’une sensibilité créatrice et offensive face à l’oppression quotidienne.

On se battra sur tous les fronts : sur la musique, sur des bouquins, sur la politique, sur nos rapports quotidiens, sur la répression, avec des dessins, des concepts, des caresses, à coups de dents s’il le faut, mais on réinventera la vie, la nôtre au moins. Notre révolution se joue tout de suite, nous n’y souffrirons aucune magouille.

"Collectif d’Offensive Culturelle" (1978)


L'ICEBERG DES AUTONOMES 1979

Le libéralisme digestif tourne sur des perspectives maussades, les luttes sont devenues le principal moteur d’un système qui se régénère par la crise, dérision d’un logos occidental qui a institué les séparations et les rôles en morcelant les consciences et les corps, en renvoyant chacun à son impuissance et à l’ambivalence d’un système devenu incontrôlable à cause de la multitude des stratégies qui s’y contrecarrent.

Sur un autre versant, une philosophie du combat se fabrique sur le parcours des "autonomes", au moment où les anciens clivages politiques cèdent le pas à un antagonisme prioritaire entre les tentacules du contrôle social et l’apparition d’une délinquance de masse dont ces "autonomes" ne constituent que la partie visible de l’iceberg.

Nouveau pari stratégique qui interroge l’ensemble des codes culturels et technico-scientifiques pour aboutir à une "technique de combat"... Tentative de maîtrise des rapports de force, qui voudrait élargir ses espaces de lutte sans s’imposer de finalité. Le réalisme politique ambiant nous a au moins appris que les moyens ont la fin qu’ils méritent... d’où les illusions perdues quant aux alternatives.

Se battre devient une fin en soi, d’autant plus radicale que ce processus, ne visant aucun autre objet que l’intensité de son propre mouvement, ne peut qu’interroger tous les systèmes au plus près de notre affirmation la plus nue.

Kesselring éditeur (1979)


LE MYTHE DU GUERRIER 1979

Un roman où la lutte armée fait sa propre critique par les armes et où ses victoires s’édifient sur un aveu d’impuissance. Un roman où les terroristes tiennent en même temps des discours qui s’annulent pour faire accélérer la paranoïa et l’effritement des systèmes. Un roman où les parcours politiques se construisent à travers la musique, la délinquance et la défonce. Un roman où ces parcours s’arrêtent face à la folie, la shooteuse, les flingues et le suicide. Un roman où la subversion de demain apprend à utiliser les futurs ordinateurs du contrôle social. Un roman qui sait faire délirer les médias parce qu’il est lui-même un média fabriqué dans le délire. Un roman pour les nomades urbains qui glissent entre les cases dès qu’une rupture perturbe le système...

Kesselring éditeur (1979)


MANIFESTE DU NOUVEAU SABOTAGE ET DES NOMADES URBAINS

Avoir été un bon militant politique, même extrémiste, est un des moyens les plus efficaces de réussite sociale si on accepte de vendre ses frasques de jeunesse une fois trouvé le créneau social de pouvoir jouissif...

Comment se servir de la récupération en utilisant le système sans entrer dans ses organigrammes... Comment les cadences infernales et la mégalomanie politique peuvent devenir les armes d’un nouveau sabotage et d’une aventure au pays de la radicalité sans discours...

Comment s’organise la course de vitesse entre le système et les nomades urbains qui le forcent à délayer ses structures dans la récupération, en faisant accélérer ses mouvements de pointe.

Kesselring éditeur (1979)


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