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Civilisations comparées : l’exemple musulman

Conférences pour les entreprises, les instituts de formation et les grandes écoles.

mardi 30 avril 2013, par Bernard NADOULEK

Ce cycle de sept conférences porte sur les : Africains, Indiens, Asiatiques, Latins, Anglo-saxons, Musulmans, Slaves.

L’exemple traité dans cette présentation est celui de la civilisation musulmane.

Le Printemps arabe illustre bien le rôle des civilisations dans l’actualité mondiale. En janvier 2011, le peuple tunisien se révolte contre le président Ben Ali. A l’avant-garde de cette révolte, des centaines de milliers de Tunisiens demandent la démocratie. La contestation fait rage sur Internet. Comme un arc de braise, la révolte s’étend à l’Egypte, au Bahreïn, en Libye, au Yémen, en Syrie, etc. Des dictateurs tombent, des révoltes sont écrasées, quelques autocrates font de timides réformes, le monde retient son souffle, jusqu’en Chine ! Les peuples arabes sont-ils prêts pour la démocratie ?


Quelques mois plus tard, trois des autocrates les plus voyants sont tombés (Ben Ali, Moubarak et Kadhafi), El Assad vacille en Syrie, mais la majorité d’entre eux ne va pas si mal (en Arabie, dans les Emirats, au Yémen, en Iran, en Algérie, etc.) et, surtout, les partis islamistes, qui avaient été absents de la révolte, empochent la mise, aux élections. En Tunisie, Ennahda remporte le scrutin automnal. Dans la Libye à peine débarrassée de Kadhafi, la Charia est instaurée. En Egypte, les Frères Musulmans fourbissent leurs arguments électoraux. En quelques mois, du printemps à l’automne, nous sommes passés de l’enthousiasme démocratique au retour à l’islamisme. Comment l’expliquer ?

Les peuples arabes sont pris dans une double crise de transition : d’un côté, modernisation de leurs pays et des mentalités traditionnelles ; de l’autre, évolution globale et chaotique de la mondialisation. Pendant les périodes de transition, la confiance des citoyens envers leurs institutions s’effondre, les désordres sociaux et la criminalité s’accroissent, les crises, les conflits s’accélèrent. Dans cette situation d’incertitude, les valeurs religieuses traditionnelles apparaissent naturellement comme un refuge pour les esprits désorientés. Dans ce mouvement de révolution-restauration, les peuples mobilisent leurs réflexes identitaires pour se sécuriser. Au regard de notre propre histoire, nous ne devrions pas être surpris : à l’élan révolutionnaire succède la Terreur, à la révolution succède la Restauration. L’espoir d’une démocratie arabe est-il mort pour autant ?

L’exemple de la Turquie montre que l’opposition entre islamisme et démocratie est parfois caricaturale. L’APK, le parti islamiste turc au pouvoir depuis 2002, n’a pas remis en cause la dynamique de modernisation, de croissance économique, ni même sa volonté d’adhésion à l’Europe. Bien que les partis islamistes tunisien, libyen et égyptien, aient appris à user de la démocratie pour parvenir à leurs fins, ils se trouvent face à des garde-fous politiques et institutionnels, à des contestataires qu’ils ne peuvent plus réprimer en secret. Et, surtout, ils sont voués, comme en Turquie, au pragmatisme pour assurer le développement économique de leur pays. En sortant de l’opposition, les partis islamiques se normalisent.

Comme je l’écrivais dans L’épopée des civilisations, le retour en puissance des identités culturelles, des religions et des civilisations ne constitue pas une régression, mais plutôt une des voies d’accès à des formes d’économie de marché et de démocratie adaptées aux valeurs des différentes aires de civilisation.

Présentation du cycle de conférences

Ce cycle de conférences porte sur les sept grandes civilisations - africaine, indienne, asiatique, latine, anglo-saxonne, musulmane, slave - qui sont parvenues à une taille mondialisée et totalisent plus de 90% de la population, de l’espace et des richesses mondiales.

Dans chacune de ces civilisations, les thèmes traités sont : mythes et sociétés, religions et doctrines théologiques, guerre et stratégie, macro et microéconomie, politique et gouvernance.

Dans cette présentation, nous prenons l’exemple des Musulmans pour illustrer un sommaire type de conférence sur les civilisations.

Objectifs de la conférence :

- Acquérir de nouvelles compétences sur les civilisations.

- Mieux maîtriser ses rapports avec les étrangers.

- Développer une vision mondiale, à partir de l’étude des civilisations qui synthétise les tendances économiques, politiques et stratégiques.

Programme :

Les Musulmans et la logique de la fusion communautaire.

Mythes et société. Les cycles de migrations sémites depuis l’antiquité. La culture nomade de l’Arabie ante islamique. Le contexte historique de la naissance de l’Islam. Le mythe de la Révélation et la vie de Mahomet. L’Islam et la soumission à un Dieu Unique. La fondation de l’Etat islamique et la fusion des tribus dans l’Oumma, la communauté des croyants.

Religion et doctrines. Le cycle prophétique. Les Cinq Piliers de la Foi. La fonction religieuse, sociale et politique des mosquées. Le rôle des Ulémas, les docteurs de la loi. Légitimité politique et scissions religieuses. Les Kharijites puritains. Les Chiites, partisans d’Ali, et l’Imam caché. Les Sunnites et la voie du juste milieu. Les Ismaéliens et la connaissance initiatique. Les Soufis et la transe mystique. Comparaison des courants religieux islamiques et chrétiens. L’impact social de la religion sur l’économie. Un mode d’universalité pratique.

Guerre et stratégie. La culture guerrière des tribus bédouines. Les causes des conquêtes de l’Islam. Le "verrou eufrasien" du Moyen Orient. Le cercle vertueux de l’islamisation par la conquête. Le Jihad et la guerre de mouvement. Les Sept Piliers de la Sagesse et la guérilla. Le terrorisme : des Haschischins ismaéliens d’Hasan Sabbah, au terrorisme islamique. Hila, la ruse, éclair de la sagesse de Dieu. Le Livre des Ruses et le Livre des Malins.

Economie et management. Une économie-monde dominante sous les Abbassides, du IXe au XIe siècle. Une vision sociale de l’économie. Un Etat monopoliste et clientéliste. Un capitalisme marchand et financier. Le contrôle de la propriété foncière par l’Etat. Une industrie nationalisée. Les corporations d’artisans et les réseaux de solidarité. L’identité tribale de l’entreprise marchande. L’invention du capitalisme financier. L’ambiguïté des rapports entre Islam et économie. Pétrole, rente et échec de l’industrialisation. La prise en charge du développement par l’Etat et la faiblesse de la classe des entrepreneurs. Echec du développement et intégrisme.

Politique et prospective. L’empire multinational et les cinq mondes de l’Islam : arabe, perse, turc, africain et asiatique. La première puissance mondiale, du VIIIe au XIe siècle. La société abbasside : Musulmans, Mawalis (clients) et Dhimmis (protégés). La Charia : "ouverture et fermeture de la porte" du droit musulman. La fusion des pouvoirs et le paradoxe d’illégitimité de l’Etat musulman. Echecs et réussites politiques du monde islamique contemporain. Printemps et automne arabes de 2011. L’alternative fondamentaliste. Vers un Islam éclairé ?

Pour joindre Bernard NADOULEK et commander cette conférence.


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