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Conclusion provisoire au débat sur la mondialisation

mercredi 9 novembre 2005, par Bernard NADOULEK


Pour sortir d’une alternative réductrice

Au vu des articles précédents, les conclusions que nous pouvons tirer sont moins tranchées qu’il y paraît. L’infrastructure politique et économique d’une civilisation universelle se met en place, mais la démocratie libérale n’en constitue aujourd’hui qu’une mince pellicule de façade. L’identité d’une éventuelle civilisation universelle se constituera progressivement au fur et à mesure que son caractère multipolaire sera complété par sa dimension multiculturelle.

Nous sommes loin de la fin de l’histoire car les différences culturelles remettent non seulement en cause l’idée que l’Occident se fait de l’économie libérale mais aussi celle de la démocratie. Nous espérons aller vers plus de démocratie, au sens d’une plus grande transparence des pouvoirs politiques, et vers plus de libéralisme, au sens d’une plus grande ouverture des économies nationales aux grands courants d’échange de la mondialisation, mais, dans chaque civilisation, la démocratie et le libéralisme prendront des formes diverses ancrées sur les spécificités culturelles locales, comme l’a démontré la réussite des pays d’Asie.

Il y a des différences affirmées entre, par exemple, le capitalismes financier américain et anglais et le capitalisme industriel européen. Les formes de démocratie diffèrent également de manière substantielle en Occident entre les démocraties bipolaires américaines et anglaises, les social-démocraties alémaniques et scandinaves, et les démocraties pluralistes du Sud de l’Europe. Les mêmes types de différence se généraliseront à l’échelle mondiale, tant sur le plan politique qu’économique : à chaque civilisation de créer sa propre version du capitalisme et de la démocratie.

Cependant, il ne faut pas sous-estimer les possibilités de régression et de conflit. De ce point de vue, le choc présumé des civilisations est un avertissement salutaire et la vigilance ne doit pas faillir. Même s’il n’y a pas eu de choc des civilisations, il reste aux mouvements intégristes et terroristes une forte capacité de nuisance. Il reste aussi de multiples possibilités de conflits dans le monde et il n’est même pas sûr, comme le pense Fukuyama, qu’il n’y ait plus de guerre entre les démocraties. La guerre économique remplacera-t-elle les conflits militaires ou, au contraire, peut-elle conduire à des affrontements larvés, à des escalades possibles ?

La guerre des civilisations n’aura pas lieu mais nous verrons certainement de nombreux conflits de proximité et, plus que jamais, il y a nécessité d’une communauté internationale forte, usant de son droit d’ingérence pour affronter à moindre mal les conflits à venir. Plus que jamais, nous avons besoin de l’émergence d’une communauté internationale dont le caractère multiculturel soit affirmé pour que les solutions à construire face aux grands problèmes mondiaux soient accueillies avec une pleine légitimité.

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