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De la démagogie

lundi 6 décembre 2010, par Bernard NADOULEK

Récapitulons les billets précédents. Depuis 1997, le G8, puis le G20, n’ont rien fait face à la crise financière. Le G20 est paralysé par les antagonismes entre les puissances. Il est désarmé face à la bulle financière. Enfin, il est immobilisé par des chantages croisés entre les banques, les Etats et les institutions internationales. Reste le problème des politiciens...


Depuis 2600 ans, nous savons que les politiciens sont structurellement des démagogues. Au VIe siècle avant notre ère, la démocratie directe des cités grecques est en crise. Le débat politique auquel participent les citoyens sur l’Agora devient plus difficile. Des évolutions démographiques et sociologiques grossissent les foules, multiplient les classes sociales et les points de vue en présence. Les démagogues apparaissent alors : au lieu d’intervenir sur l’Agora avec des arguments fondés sur la raison ou sur les lois, ils excitent les émotions et les passions du peuple.

La force du démagogue tient en ce qu’il dit ce que chacun veut entendre. Rien à voir avec le populiste qui excite le peuple contre les élites. Le démagogue se contente de ne s’aliéner personne en disant ce que tout le monde sait déjà pour assurer son élection. Pour les intérêts particuliers, le démagogue accorde à chacun ce qu’il demande, pour obtenir le plus grand nombre de soutiens. Ce qui ne signifie d’ailleurs pas qu’il tient ce qu’il promet. Pour l’intérêt général, il ne formulera aucune proposition susceptible de s’aliéner qui que ce soit, c’est un encéphale plat.

Entendons-nous, il ne s’agit pas ici d’une critique des politiciens, type « tous pourris ». Il s’agit du problème structurel qui se pose à toute personne désireuse de se faire élire. Nous savons que la démocratie est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres. Alors, pour résoudre les vrais problèmes, comptons autant sur les hommes politiques que sur les sauterelles asexuées des hauts plateaux du Katanga. J’ai souvent écrit que l’évolution se produit de bas en haut, je le maintiens.

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