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Interprétation multiculturelle de la crise financière, 3 visions : américaine, chinoise, européenne.

Conférence pour les entreprises, les instituts de formation et les grandes écoles.

mardi 16 avril 2013, par Bernard NADOULEK

La crise financière mondiale fait l’objet d’une interprétation différente dans chaque civilisation. L’Amérique, anglo-saxonne et protestante, la Chine, taoïste et confucéenne, l’Europe, humaniste et catholique, n’attribuent pas les mêmes finalités à l’économie. Qu’il s’agisse d’assurer la richesse individuelle, la pérennité d’une société ou la justice sociale entre ses membres, des valeurs différentes impactent le développement. Cette conférence décrit ces différences culturelles qui, jamais évoquées dans les négociations internationales, sont des obstacles au règlement de la crise mondiale.


Aux Etats-Unis, comment expliquer qu’aucune mesure de régulation n’ait été prise à l’encontre du système financier, après les catastrophes qu’il a provoquées ? Une des explications réside dans la sécularisation de l’éthique protestante (Max Weber) et dans la thèse de la prédestination, qui font de la réussite financière un "équivalent" de la grâce spirituelle. Le winner est un Elu à qui Dieu tout puissant donne la richesse, signe de la grâce. Ainsi, les Elus qui ont survécu à la crise, ne peuvent concevoir qu’on remette en question les règles du jeu qui font d’eux des privilégiés et ils s’opposent à toute régulation financière. Quant aux loosers, victimes de la spéculation, leur échec disqualifie leurs remises en cause du système. La cupidité est devenue la vertu universelle de la finance et de ses rendements croissants. Dans une économie dématérialisée, la finance impose son rythme à l’économie mondiale et, tout comme le capitalisme hier, elle trouve son armature dans la morale protestante qui transcende les différences culturelles aux Etats-Unis.

La Chine a moins souffert que l’Occident et elle s’est plus rapidement remise de la crise. Pourquoi ? La doctrine confucéenne et son concept central de pérennité freinent la spéculation sur toutes les valeurs boursières non liées à des biens durables. C’est ce qui a limité l’impact des obligations pourries sur son système financier, puissamment régulé par l’Etat. D’autre part, la philosophie dialectique du taoïsme permet d’utiliser des mesures contradictoires, soit libérales, soit dirigistes, pour faire face aux phases d’ouverture ou de contraction des marchés. Cette conjonction du confucianisme (sens de la pérennité) et du taoïsme (alternance de mesures capitalistes et communistes) explique pour une grande part la réussite du dirigisme asiatique. Ainsi, malgré la corruption et la répression, le développement chinois est assuré par les valeurs confucéennes et taoïstes qui fondent son identité culturelle et son pragmatisme idéologique dans la conquête des marchés étrangers, tout comme dans le redéploiement de son propre marché.

L’Europe s’est s’affaiblie par le biais de la dette souveraine des Etats. Pourquoi ? Le récit de la Création du Monde, dans la Bible, appliqué à la création de la bulle financière, montre que tout acte de création entraîne des effets incontrôlés (péché originel, meurtre de Caïn, etc.). Dans la Bible, les dérives de la Création entraînent un retour à la loi, avec les Dix Commandements. Mais les rivalités européennes et mondiales rendent la régulation financière impossible. D’autre part, l’interprétation du péché originel montre que nous sommes tous touchés par l’appât du gain et la spéculation, tant les citoyens que les Etats. La demande générale pour des rémunérations élevées de l’épargne induit le pouvoir de la finance et l’accroissement de la dette publique. Enfin, si l’Europe est dominée par la finance, c’est aussi parce qu’elle a oublié comment fonctionnait la démocratie directe de l’Athènes antique.

Le règlement de la crise serait-il facilité si les différences culturelles cachées ne faisaient plus obstacle à la compréhension entre les acteurs ? Pouvons-nous partir d’une vision multiculturelle des crises pour augmenter nos chances de mieux les anticiper ?

Objectifs de la conférence :

- Mieux comprendre le rôle des civilisations dans la mondialisation et dans ses crises.

- Comparer les différences culturelles qui s’inscrivent au cœur des politiques économiques.

- Anticiper la manière dont les différences culturelles impactent la gouvernance.

Sommaire de la conférence

- Introduction à la mondialisation des cultures.

- Interprétation américaine et protestante. Ethique protestante et esprit du capitalisme. La doctrine de la prédestination et son impact économique. Néolibéralisme et finance intouchable.

- Interprétation chinoise et confucéenne. Syncrétisme asiatique et mythe de la perfection originelle. Bureaucratie céleste et dirigisme asiatique. Tao de la puissance et stratégies de conquête.

- Interprétation européenne et humaniste. Le récit de la Genèse, appliqué à la crise. Spéculation et dynamique du péché originel. Europe, menace obligataire et amnésie démocratique.

- Conclusions sur une vision multiculturelle de la crise financière.

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Pour joindre Bernard NADOULEK et commander cette conférence.


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