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L’Intelligence Stratégique

Conférence pour les entreprises, les instituts de formation et les grandes écoles.

mardi 23 avril 2013, par Bernard NADOULEK

L’art de la stratégie repose sur une question : comment agir efficacement ? Cette conférence porte sur la comparaison des modèles stratégiques en Occident et en Asie, qui montre deux façons d’agir aux antipodes. Qu’il s’agisse d’un Etat et de son armée, d’une entreprise et de son marché, ou encore d’un individu et de ses combats, le passage à l’acte est orienté par les valeurs d’une société. Cette comparaison des modèles stratégiques est fondamentale pour anticiper le contexte global de la mondialisation.

Entre le VIe et le Ve siècle avant notre ère, une révolution dans l’art de la guerre va se produire simultanément dans trois régions du monde : l’Orient, la Chine et la Grèce. Dans chacune de ces contrées, les traditions orales vont laisser place à l’expression écrite qui va fixer les idées d’une pensée stratégique naissante.


En Orient, la rédaction de la Bible fait apparaître une nouvelle conception de l’affrontement : la Guerre Sainte. Du chapitre Nombres à celui des Rois, jusqu’à David achevant la conquête de la Terre Promise, le récit de la Guerre Sainte décrit un nouveau principe : tuer tous les idolâtres que Dieu a désignés de Sa vindicte et détruire leurs biens par le feu. C’est la stratégie directe : celle du champ de bataille où deux protagonistes s’affrontent jusqu’à la mort. La Guerre Totale est née et se propagera dans toute l’histoire de l’Occident, jusqu’à la Guerre Absolue de Clausewitz puis au feu nucléaire. Ses concepts : l’alliance pour parvenir à la supériorité numérique, le commandement militaire unifié, pour focaliser la puissance de feu, l’escalade et la montée aux extrêmes de la violence et la destruction des forces adverses. Vaincre ou mourir, c’est le principe même de la stratégie directe, et sa limite aussi, quand il y a destruction mutuelle des protagonistes.

En Chine, avec L’Art de la Guerre de Sun Tzu, apparaît un modèle de stratégie adapté au conflit multipolaire des Royaumes Combattants. Pour cette douzaine de royaumes qui s’affrontent "tous contre tous" pendant deux siècles et demi, user ses forces contre un adversaire, alors qu’un autre peut surgir, est un grand risque. Il vaut mieux combattre en utilisant la ruse et le renseignement, qui parent les menaces avant qu’elles ne se concrétisent. C’est la stratégie indirecte qui perdure, tant dans la guerre révolutionnaire de Mao, que dans la stratégie d’ouverture économique du dirigisme asiatique. Ses concepts : des coalitions mobiles pour faire face à chaque nouveau protagoniste, pour l’encercler, pour contourner les forces adverses, la ruse comme retournement de la réalité et le renseignement pour prévenir les menaces. Vaincre sans combattre  : c’est le principe de la stratégie indirecte et sa limite lorsqu’un barbare utilise la force brute.

Dans la Grèce de Périclès, l’évolution de la logique, de la dialectique et de la rhétorique permet de passer de l’art de vaincre à celui de convaincre. La logique, de Parménide à Aristote, devient une technique de validation des arguments, elle sépare le vrai du faux par élimination, c’est le principe de la guerre totale. La dialectique, depuis Héraclite, tente de saisir la réalité en mouvement dans ses aspects contradictoires, c’est une tactique indirecte de retournement de l’argumentation. Enfin la rhétorique, depuis Protagoras, est une stratégie d’ordonnancement du discours qui permet d’optimiser sa forme et de l’adapter à ses interlocuteurs, aux circonstances et au contexte. Il ne s’agit plus de vaincre mais de convaincre. La limite de l’anticipation c’est lorsque le discours devient un artifice ou un formalisme stérile. Ces trois modèles recouvrent une stratégie d’anticipation où il s’agit de vaincre avant de combattre sur le champ de bataille du langage.

A la même époque en Grèce et en Chine, Les Analectes de Confucius répondent à la logique d’Aristote, le Tao Te King de Lao Tseu correspond à la dialectique d’Héraclite et L’Art de la Guerre de Sun Tzu est un parfait exemple de la rhétorique de Protagoras. Ainsi, dès le Ve siècle avant notre ère, selon leur civilisation, les hommes disposent de tous les moyens pour déterminer les formes d’action, de communication ou de négociation les plus efficaces. Les différences de modèles stratégiques entre Asie et Occident, continuent d’être pertinentes dans les politiques économiques, les modèles de gouvernance et les stratégies de conquête mises en œuvre à travers la mondialisation.

LA CONFÉRENCE

L’art de la stratégie, consiste à répondre à la question : comment agir efficacement ? Dans chaque grande civilisation nous trouvons une réponse spécifique à cette question car le passage à l’action est toujours orienté par les valeurs d’une société. La compréhension des modèles stratégiques de l’Occident et de l’Asie est fondamentale pour manager dans le contexte global de la mondialisation. L’étude de ces modèles stratégiques permet de mieux comprendre les différences de cultures et de stratégies sur le marché international.

Objectifs :

- Accéder à une vision synthétique et transculturelle des concepts stratégiques.
- Comparer les matrices stratégiques des civilisations occidentale et asiatique.
- Mieux comprendre les différences de stratégie sur l’échiquier mondial.

Programme :

I – Introduction à la stratégie.

II - Le modèle du Direct en Occident : de la Guerre Sainte de l’Ancien Testament, à la Guerre Absolue de Clausewitz. La stratégie directe de la Guerre Sainte et le tribut de Dieu. Les valeurs guerrières du monothéisme. L’Alliance, les nombres et l’organisation. Le rouleau de la guerre. Le paradoxe de la Guerre Totale. La Guerre Absolue de Clausewitz : montée aux extrêmes de la violence et destruction de l’adversaire. Les limites du Direct : MAD, Mutuelle Assurance de Destruction. Concurrence et guerre économique, dans le contexte néolibéral de la mondialisation.

III - Le modèle de l’Indirect en Asie : de la guerre secrète de Sun Tzu à la guerre révolutionnaire de Mao Tsé Toung. La stratégie indirecte dans la Chine des Royaumes Combattants. Une conception dialectique de la guerre et le symbole de l’eau. La ruse comme inversion dialectique de la réalité. Le renseignement et la guerre secrète. Unification de l’Empire, limites et pérennité de la stratégie indirecte. Mao Tsé Toung et la guerre du peuple. Dirigisme économique chinois et stratégie de conquête mondialisée.

IV – Un modèle d’anticipation avec les humanités gréco-latines. Naissance de la logique, de la dialectique et de la rhétorique dans la Cité grecque. La logique, de Parménide à Aristote : identité, non-contradiction et tiers exclu. La dialectique du devenir chez Héraclite : thèse, antithèse, dépassement des contradictions et dévoilement de la synthèse. La rhétorique de Protagoras et la mise en forme du discours. L’apprentissage démocratique de l’antilogie. La pensée et le discours : de l’art de vaincre à l’art de convaincre. L’humanisme européen.

V – Conclusion sur les stratégies mises en œuvre dans la mondialisation.

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Pour joindre Bernard NADOULEK et commander cette conférence.


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