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L’automatisation de la production des années 1960

mercredi 3 septembre 2008, par Bernard NADOULEK


Entre les années 1950 et 1970, grâce aux progrès de l’électronique et de l’informatique, une première grande évolution technologique mondiale s’ébauche : celle de l’automatisation de la production industrielle. Avec les années 80, cette automatisation va prendre une ampleur décisive grâce aux systèmes experts nés des premiers développements de l’intelligence artificielle.

Un système expert se compose d’une base de faits, concernant le problème précis qu’on va traiter, d’une base de connaissances, contenant un ensemble de règles extrait du savoir d’un expert, d’un moteur d’inférence, chargé d’appliquer les règles aux faits et d’une interface permettant la communication entre les hommes et la machine. Le système est alors non seulement capable de traiter les problèmes à résoudre mais également de reproduire le raisonnement qui lui a permis d’aboutir au résultat.

À partir des premiers systèmes conçus dans les années 1970, il faudra moins de trois décennies pour que les usines modernes soient équipées de systèmes électroniques, d’ordinateurs et de systèmes experts de « planification » qui contrôlent des chaînes de production automatisées en « flux tendus », qui gèrent les stocks de pièces détachées, qui effectuent des opérations de maintenance préventive, qui pilotent des robots polyvalents, etc. Ces nouvelles usines sont aujourd’hui capables de faire de la « production de masse individualisée » comme, par exemple, dans l’industrie automobile, en produisant sur une même chaîne des voitures qui peuvent comporter chacune des options différentes selon les commandes des clients.

Nous allons vers un univers où l’on pourra produire de plus en plus de biens avec de moins en moins d’emplois industriels, et certaines usines de pointe très automatisées fonctionnent avec un personnel très réduit. Cette automatisation de la production a déjà provoqué des évolutions compétitives notables dans l’industrie, notamment en réduisant le nombre d’emplois industriels non qualifiés dans les pays occidentaux. Qui peut penser que l’homme soit définitivement voué à des tâches répétitives ?

L’automatisation provoquera à terme des évolutions encore plus considérables à l’échelle mondiale dans les pays émergents et en voie de développement. Compte tenu de l’importance des investissements nécessaires pour moderniser certains secteurs de l’industrie, il est encore rentable aujourd’hui de délocaliser la production de certains secteurs industriels dans des pays en voie de développement dont le coût de la main-d’œuvre et des charges sociales est moins élevé que dans les pays occidentaux. Mais, dans quelques décennies, c’est à l’échelle mondiale que l’augmentation de la productivité dépendra de moins en moins de l’emploi.

D’une certaine manière, cette évolution n’introduit pas de changement qualitatif, elle est une conséquence du processus de spécialisation, de rationalisation et de professionnalisation des tâches qui a commencé avec la révolution industrielle. Cependant, ce processus de rationalisation et de professionnalisation induit à terme, et à l’échelle mondiale, un rapprochement des méthodes de production et, corollairement, des mentalités.


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