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La connexion planétaire des marchés financiers des années 1970

mercredi 3 septembre 2008, par Bernard NADOULEK


À partir des années 1970, la deuxième grande évolution mondiale due aux progrès de l’électronique et de l’informatique est la connexion planétaire des places boursières et des marchés financiers. La technologie a permis l’émergence d’un marché financier mondial, ainsi qu’une circulation permanente et pratiquement instantanée de capitaux à l’échelle internationale. Elle a également rendu possible, sinon suscité, les mesures de dérégulation du début des années 1980, pendant lesquelles les principaux pays industrialisés ont supprimé les réglementations des changes pour faciliter la circulation des capitaux. La rapidité de mise en place du système est spectaculaire : une décennie après, dès le début des années 1990, les transactions financières internationales atteignent un montant quotidien de 1 500 milliards de dollars, soit cinquante fois plus que le montant des échanges de marchandises et de services, selon la Banque des Règlements Internationaux.

Les effets de cette mondialisation financière donnent lieu à des interprétations contradictoires. Selon les libéraux, ce marché financier planétaire permet une meilleure allocation des ressources dans l’économie mondiale. Au contraire, selon les alter-mondialistes, il provoque une véritable dictature des marchés sur l’économie mondiale, un pouvoir financier qui ne repose sur aucune légitimité démocratique. Quelle que soit l’interprétation adoptée, l’évolution rend les nations de plus en plus interdépendantes, notamment face aux phénomènes de crise comme, par exemple, la crise de 1997 qui, partant de la Thaïlande, se propage aux Philippines, à l’Indonésie et à la Corée du Sud. La technologie et ses effets sur les transactions financières en « temps réel » favorisent le poids d’une conjoncture internationale qui prend définitivement le pas sur les politiques économiques des États. Comme pour l’évolution de la production et la professionnalisation des tâches, la « financiarisation » de l’économie mondiale implique également à terme un rapprochement planétaire des mentalités.

A partir des années 1970, parallèlement à la mondialisation financière « par le haut » des marchés, un phénomène de « bancarisation des ménages » va renforcer la mondialisation financière « par le bas », de l’épargne populaire. L’expression « bancarisation des ménages », désigne le phénomène observé pendant les années 1970 aux États-Unis, puis en Europe et au Japon. Sur la base de deux salaires venant s’accumuler mensuellement sur un compte en banque, les familles ont commencé à s’intéresser aux produits financiers et aux actions des entreprises à une période de crise rampante (entre les deux crises du pétrole de 1973 et 1979) pendant laquelle l’objectif était de protéger ses revenus par de nouvelles formes d’épargne à haut rendement par l’achat-revente d’actions.

Ce capitalisme financier et populaire induit une rationalisation collective des réflexes d’épargne qui préfigure la spéculation de masse à laquelle nous assistons aujourd’hui. Une spéculation généralisée, tant des acteurs financiers professionnels, (marchés, banques, fonds d’investissements) que des classes supérieures et moyennes mondiales qui investissent en direct grâce aux nouvelles technologies financières.


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