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Le 82e Congrès annuel de l’Acfas

se tiendra du 12 au 16 mai 2014 à l’Université Concordia

samedi 12 avril 2014, par Bernard NADOULEK

[Le 82e Congrès annuel de l’Acfas

se tient du 12 au 16 mai 2014
à l’Université Concordia >>https://www.facebook.com/events/837568412923216/declines/?notif_t=group_comment] ]-}

Thème : zones de convergence et de créativité".

Vincent De Paul Mutambudi

jeudi 10 avril 2014, à proximité de Québec

De nos jours avec l’influence que subissent les sociétés modernes : sécularisme, laïcité, matérialisme, etc., la question de Dieu ou de la religion est classée parmi les dossiers moins préoccupant les consciences humaines. Alors que depuis Platon (République, LV, II, théologia :" Dieu étant essentiellement bon, il convient d’en parler !".

Dans l’article que nous publions ici, il est question de la liberté de religion et de conscience chez Ronald Dworkin. Je crois qu’il peut éclairer certains esprits.


DWORKIN : LA LIBERTÉ DE RELIGION ET DE CONSCIENCE :

Depuis la déclaration universelle des droits de l’homme (1948), surtout en son article 18 qui stipule que : toute personne a droit à la liberté de pensée, de religion et de conscience… ». Partant de ce socle, toutes les consciences à travers le monde se mobilisent pour creuser davantage la question des droits, en particulier celle de la liberté dans toutes ses acceptions. Et la question de la liberté de religion et de conscience ne cesse de couler autant d’encre surtout en occident où la plupart d’États subis l’influence du sécularisme et de la laïcité, de l’immigration et de la diversité des cultures, du pluralisme tant politique, éthique ou moral et religieux.

Chercheurs, penseurs de tous les domaines confondus, organismes indépendants et gouvernements tentent de répondre à la question liée à la liberté de religion et de conscience. Pas plus loin qu’hier, le 27 mars dernier, au cours de l’audience que le Pape François a accordé au président américain Barack Obama, la question de la liberté religieuse et de conscience était au centre de leur entretien, référence faite au bras de fer qui a opposé les évêques catholiques des États-Unis et l’administration Obama sur la question de l’assurance santé, le fameux Obamacare ; contre lequel les évêques catholiques des États-Unis ont déploré que cette assurance santé obligatoire finance l’avortement, la stérilisation et la contraception, et réclament la reconnaissance du droit à l’objection de conscience, notamment pour les hôpitaux catholiques (ce qui fait des évêques de gros employeurs) soulignant qu’il en va d’une atteinte à la liberté religieuse.

Le texte de Dworkin que nous avons eu le plaisir de lire cette semaine tourne autour de ladite question de la liberté de religion et de conscience. En effet, Dworkin fait remarquer d’emblée que la protection de cette liberté est un droit spécial pour tous et non seulement aux croyants et à ceux partageant les mêmes convictions religieuses ; même les athées et les non-croyants ont droit à cette liberté. Cela exige, en fait, une autre reformulation de la définition du concept de liberté de religion dans la mesure où il n’est plus utilisé par référence à un Dieu.

En ce sens, l’État entant que pouvoir organisationnel de la société est sensé d’accorder une garantie de protection à tous les citoyens dans leur exercice de cette liberté de religion et la manifestation de leurs croyances et convictions, sans avoir une prétention d’établir une religion d’État à laquelle il imposerait l’adhésion à tous les membres de la société. Car la neutralité de l’État en matière de la liberté de religion accorderait aux citoyens le plein exercice de leurs droits les plus fondamentaux y compris la liberté de religion et de conscience.
Les atteintes portées à cette liberté de religion et de conscience dans la plupart de sociétés libérales ont occasionné le problème de prolifération en vue de protéger et garantir l’exercice et la manifestation de celle-ci ; qui est bien sûr un droit fondamental à tout homme. Dworkin pense que malgré le désaccord qu’a toujours suscité la question de la liberté de religion ou tout simplement le problème de la religion, suite à la référence fait à un Dieu, les religions ont une mission spécifique, celle d’aider leurs adeptes de donner sens à leur vie et de trouver les tentatives de solution aux problèmes existentiels. Pour le dire en ses mots : « les religions tentent de répondre à des questions existentielles profondes en connectant la vie de l’individu à une valeur objective transcendantale » (p.120).

Certes, depuis que le monde est monde, la question liée à un être suprême, un Absolu, un moteur immobile, bref un Dieu qui serait à l’origine du monde. Et le problème de la religion s’est toujours présenté comme la voie par laquelle on remédierait à cette inquiétude. Depuis les philosophes anciens (présocratiques, Platon, etc.) passant par les penseurs médiévaux (Thomas d’Aquin, Abélard, …) jusqu’aux modernes et contemporains (Descartes, Spinoza, Nabert, etc.), la question de Dieu occupe et préoccupe les consciences humaines. De nos jours, avec l’influence de la laïcisation et de la sécularisation de la plupart de sociétés humaines, la question de Dieu ou de la religion dans la sphère publique de la vie semble être reléguée au second plan et occasionne les désaccords entre les membres au sein des structures sociopolitiques, économiques que culturelles.

Ainsi, la pluralité et la diversité des conceptions du bien pour une vie bonne, d’une part et de l’autre, la multiplicité des croyances et convictions religieuses demandent que l’État comme pouvoir d’organisation procède à l’évaluation de cette diversité et joue mieux son rôle dans la neutralité pour favoriser un meilleur épanouissement à ses citoyens en vue d’un vivre ensemble harmonieux. Mais sur quoi peuvent se reposer la pluralité et la diversité des conceptions du bien, les croyances et les convictions religieuses ? Il me semble que le principe de tolérance et l’acception de mode de vie dans le cadre des sociétés démocratiques et libérales serait la règle d’or et le tout coulé dans le noyau dur qu’est la liberté qui est l’instance fondamentale dans l’exercice des droits et dans le cas d’espèce, du principe de la liberté de religion et de conscience. Pour favoriser un vivre ensemble harmonieux, l’État doit fournir de preuves de garantie et évitera d’imposer une conception particulière de bien et surtout d’établir une religion d’État ce qui est justement contre le principe d’établissement d’après la Clause qui interdit l’établissement d’une religion nationale ou la préférence à une religion sur une autre, ou d’une religion sur les non-croyants, comme nous le verrons prochainement avec Cécile Laborde lorsqu’elle fait allusion au premier Amendement de la Constitution des USA (1791).

En effet, au nom du principe de la liberté de religion et de conscience et surtout celui l’indépendance éthique, l’État ne devrait soutenir une conception quelconque au détriment de l’autre ni imposer à ses citoyens une religion particulière car son rôle serait de réguler et harmoniser les différentes conceptions de bien et la pluralité des convictions et croyances en vue de la cohésion mutuelle et de l’équilibre social. En tant que garant, l’État doit fournir des justifications à toute atteinte aux droits fondamentaux en particulier à celui de la liberté de pensée, de religion et de conscience. De ce point de vue, pourrait-on soutenir que le principe de non-établissement serait donc le moyen pertinent pour la garantie du principe d’indépendance éthique ou, du moins, que le principe d’indépendance éthique serait une conséquence logique du principe de non-établissement ?

À travers cet événement, tenez-vous informés pour mieux vous préparer, partagez des nouvelles de votre colloque et faites connaissance avec les autres participants !

Vincent De Paul Mutambudi


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