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Le G20 et les Européens

jeudi 27 octobre 2011, par Bernard NADOULEK

Ainsi, les Européens sont bien parvenus à un accord avant le G20 de novembre. C’est heureux car les pays émergents viennent demander aux Européens de régler rapidement leur crise et de la circonscrire à la zone euro pour ne pas menacer la croissance mondiale. Les jeunes pauvres font la leçon aux vieux riches ! Malheureusement, au-delà des mesures ponctuelles sur la crise, il ne semble pas que les Européens soient prêts à choisir leur destin. Ce qui laisse la crise européenne ouverte et le monde incertain.


Après la réunion de la nuit dernière, la restructuration de la dette grecque a été ramenée de 160% à 120% de son PIB. Le fond de soutien de l’euro a été porté à 1000 milliards d’euros (la seule dette de l’Italie est de 1 800 milliards d’euros). Les banques seront recapitalisées à hauteur de 106 milliards d’ici le 30 juin 2012. L’accord a suffisamment d’ampleur pour être salué par les marchés financiers et la hausse des bourses.

Malheureusement, l’accord ne règle rien sur le fond, notamment sur le retour à la croissance, car les Européens restent très divisés. Au-delà des mesures ponctuelles, ils se trouvent confrontés à des choix bien plus cruciaux. En simplifiant : soit l’éclatement de la zone euro, soit un renforcement du fédéralisme. L’éclatement de la zone euro produirait un cataclysme européen et mondial inédit, d’où l’unité de façade franco-allemande. Mais est-ce que les Européens sont prêts à harmoniser leurs politiques économiques, fiscales, financières, et à se doter d’une véritable gouvernance ? Rien de moins sûr. C’est pourquoi on peut parier sans risque que les atermoiements vont continuer, minant la crédibilité de l’Europe face au reste du monde. Quelle que soit l’hypothèse - éclatement de la zone euro et démondialisation, ou unification et fédéralisme - le plus grave est que les décisions seront prises sous la pression de la crise.

Le menu du G20 de Cannes sera lourd à digérer. Après que les Européens auront tenté de convaincre leurs partenaires sur la crise grecque, les dettes européennes et la recapitalisation de leurs banques, il faudra statuer sur la crise financière toujours en mal de régulation, sur l’instabilité monétaire, sur la volatilité des prix des matières premières, sur l’introuvable gouvernance mondiale, etc. Alors, les jeunes pauvres des pays émergents, légitimés par leur croissance, feront la leçon aux vieux riches des pays développés, plombés par leurs dettes et leurs atermoiements. La mondialisation des rapports de force se recompose et il faudra beaucoup de courage aux Européens pour préserver leurs marges de manœuvre.

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