nadoulek.net : mondialisation, civilisations, stratégie

Accueil > STRATEGIE > Bibliothèque d’articles > Chroniques de la stratégie > Myamoto Musashi > Myamoto Musashi 2

Myamoto Musashi 2

Le syncrétisme nippon

jeudi 4 octobre 2012, par Bernard NADOULEK

Avant d’aborder l’œuvre de Musashi, survolons quelques aspects de la culture japonaise pour comprendre comment la société nippone est tenue par les liens que tissent le shintoïsme, le confucianisme, le bouddhisme ; par des coutumes comme le Giri ou le Seppuku ; et, plus encore, par le Bushido, code d’honneur des Samouraïs. Ces liens collectifs enserrent les mentalités à un point tel, qu’il semble impossible que Musashi ait pu s’en dégager pour concevoir ses Ecrits sur les Cinq Roues. Malgré tous ces liens, et contre toute attente dans une culture aussi contraignante, Musashi fut libre sa vie durant, théorisa cette liberté à partir de son expérience de guerrier et devint un héros populaire.

La culture médiévale nippone est spécifique pour au moins trois raisons : d’abord, elle renforce les contraintes d’un système féodal sévère ; ensuite, c’est un syncrétisme, c’est-à-dire un mélange de doctrines, qui multiplie les liens entre groupes familiaux, claniques et nationaux ; enfin, ce système a formaté les mentalités nippones à un point tel qu’il continue de se maintenir de nos jours.

Entre le Ve et le VIIe siècle, par le biais des Coréens, les Japonais importent et adaptent à leur usage les trois grandes doctrines chinoises - le taoïsme, le confucianisme et le bouddhisme - ainsi que l’écriture chinoise, dont les idéogrammes forment le socle des kanjis nippons. Avec le shintoïsme, plus tardif, ces doctrines vont édifier les fondements d’une culture syncrétique qui sera garante de la cohésion du Japon. Résumons rapidement la manière dont chacune de ces doctrines va contribuer à la culture nippone.


Revenir à l’article précédent : Musashi, le guerrier absolu.

Shintoïsme et nationalisme

Le shintoïsme (de shintô, "voie des kamis", esprits tutélaires nippons) est la principale religion du Japon. Dans Capitalisme et confucianisme (1982), Michio Morishima écrit que c’est à partir du taoïsme importé de Chine que, "de modifications en métamorphoses", les Japonais vont créer le shintoïsme, qui deviendra leur religion nationale. Dans Les religions du Japon (1968), René Sieffert rappelle que le shintoïsme fut délibérément créé à partir d’une commande d’Etat de l’empereur Temmu, en 682. Le but est de faire pièce à l’importation massive de culture étrangère ; d’asseoir la légitimité de droit divin de la dynastie Yamato ; et de donner un fondement au nationalisme nippon. L’empereur commande également la rédaction d’un livre sacré, le Kojiki, ou "Chronique des choses anciennes", véritable doctrine construite à partir d’une synthèse des légendes populaires.

Le Kojiki, enseigne que le Japon, la Terre des Dieux, est enfanté par des kamis, (esprits) parmi lesquels Amaterasu, la déesse du soleil, qui donne naissance à Jimmu, le premier empereur de la dynastie Yamato. Du fait de cette lignée impériale divine, un grand nombre de Japonais se considèrent comme faisant partie d’un peuple élu, dont la vocation est de diriger le monde ; cette thèse est particulièrement soutenue par les courants militaristes et impérialistes nippons. Le shintoïsme pose les fondements du nationalisme et de l’unité culturelle nippone dont l’Empereur, de la dynastie Yamato, au pouvoir depuis quinze siècles, est un dieu vivant.

Indépendamment des mythes et des coutumes répertoriés dans le Kojiki, le shintoïsme consiste essentiellement dans la croyance aux kamis, divinités tutélaires menaçantes liées à la nature, qui lancent des malédictions (tatari) lorsque l’on profane, même involontairement, leur territoire. On peut se concilier les kamis en leur assignant un autel, en leur faisant des offrandes et en procédant à des rites répétés de purification. Ainsi, le shintoïsme est le lien le plus élevé de la société nippone, celui qui maintient la cohésion nationale.

Confucianisme et gouvernance

Les Japonais ont également adopté le confucianisme, un système de gouvernement paternaliste, hiérarchique et autoritaire, tenu par une bureaucratie, qui est encore en vigueur de nos jours, dans le Japon capitaliste, tout comme dans la Chine communiste. Dans les relations d’allégeances féodales et claniques, le confucianisme nippon garantit une obéissance inconditionnelle aux représentants de l’autorité. Pendant la période Tokugawa, cette obéissance est due au Shogun et elle est renforcée par un système d’otages, retenus dans sa capitale, pour s’assurer de la fidélité des clans de samouraïs.

La conception confucianiste du pouvoir apporte une certaine modération au pouvoir individuel en prescrivant au dépositaire de l’autorité suprême de gouverner par la vertu, pour le bien du peuple. L’empereur, ou le Shogun, doit "gouverner derrière le paravent", c’est-à-dire assister au conseil des ministres caché derrière un paravent, sans intervenir. La présence cachée du chef symbolise la nécessité pour les ministres de parvenir à la meilleure décision possible. Si le chef intervenait, quelle que soit son intervention, elle pourrait prêter à contestation et l’empêcher d’être garant du consensus. Pour être incontesté, le pouvoir doit rester muet. Le pouvoir autoritaire de l’Etat est non seulement porté par la hiérarchie, mais encore par le silence, ce qui signifie l’impossibilité d’en discuter les décrets.

Bouddhisme et harmonie

La doctrine religieuse bouddhiste est fondée sur la doctrine de la réincarnation et sur l’impact politique et culturel qu’elle a exercé sur la société nippone. Le bouddhisme a inspiré la première charte constitutionnelle du Japon, rédigée en 604 par le Prince Shotôku. Ce dernier insiste sur la coopération et l’harmonie qui résultent de l’équilibre des devoirs entre gouvernants et gouvernés. Mis à part cet épisode fondateur, le bouddhisme vient au devant de la scène lorsque les Samouraïs supplantent l’Empereur dans l’exercice du pouvoir, ce qui sera le cas pendant toute la période Tokugawa (1600-1868).

La doctrine bouddhiste du non-soi, c’est-à-dire de l’effacement individuel au profit de la communauté, encourage la loyauté des Samouraïs à leur chef. La doctrine de la réincarnation est idéale pour des guerriers dont le code d’honneur prône le sacrifice : ayant respecté leur devoir jusqu’à ses conséquences ultimes, ils se réincarneront dans un statut supérieur. Le Zen est également une philosophie idéale pour la pratique des arts martiaux car l’exercice du combat est lié à la notion bouddhiste de "présence au monde", qui requiert un niveau très élevé d’implication dans l’action, ce qui est fondamental dans le combat.

Le bouddhisme est aussi utilisé par le gouvernement Tokugawa comme moyen de contrôle social : l’inscription civile obligatoire sur les registres des temples permet à la fois le recensement de la population et le calcul de l’impôt. Un autre trait spécifique du bouddhisme est la doctrine du consensus, le nemawashi, que les monastères bouddhistes vont léguer à la société japonaise et même à ses multinationales contemporaines.

Le Bushido, code d’honneur des samouraïs

Qu’il s’agisse du shintoïsme garant de l’unité nationale, du confucianisme garant des hiérarchies instituées, du bouddhisme garant du consensus social, toute la culture nippone contribue à un système caractérisé par les liens qui relient chaque individu au groupe. Cette unité va se transcender, être intériorisée et sublimée par les Japonais, grâce au Bushido (de bushi, guerrier, et do, la voie : soit la voie du guerrier), code d’honneur des samouraïs. Le Bushido prescrit le courage, la loyauté sans faille et le sens du sacrifice. Pendant la période Tokugawa, ce code d’honneur deviendra peu à peu celui de la société tout entière en fondant l’identité culturelle nippone.

L’ère Tokugawa fut une période de paix. Subsistaient bien sûr les antagonismes et les rivalités entre les clans, mais la paix était maintenue sous la férule du Shogun. Pendant cette période, les clans de samouraïs administrent des fiefs fonciers sur lesquels toutes les castes nipponnes sont présentes. Peu à peu, ces castes vont s’identifier aux valeurs chevaleresques du clan qui les gouverne. Les appartenances au clan et à la caste vont se superposer. Cette identification du peuple aux valeurs guerrières des samouraïs est accentuée par une révolution des lettres et des arts qui fait du récit de leur épopée le principal fondement de la culture populaire et, jusqu’à nos jours, le ciment de l’identité nationale. Le redéploiement clanique intègre les anciennes divisions sans les abolir et constitue une communauté plus large et plus soudée.

Un des exemples les plus importants de cette conversion au Bushido fut celui des marchands. Initialement, les samouraïs méprisaient les marchands, dont les valeurs de calcul, d’opportunisme et de profit sont inconciliables avec les principes d’honneur, de courage et de sacrifice du Bushido. Les marchands étaient mécontents de cette mise à l’écart car, en ces temps de paix et d’isolement du Japon, ils étaient les principaux acteurs du développement économique. Enrichis, devenus fournisseurs et banquiers des clans, les marchands aspirent à la respectabilité. Ils vont l’obtenir en créant des clans semblables à ceux des samouraïs et, surtout, en appliquant le Bushido au fonctionnement de leur activité commerciale. Cette conversion se parachève par des alliances avec des clans de samouraïs, toujours pressés par les soucis financiers, puis par l’anoblissement de certains marchands. C’est à partir de ces alliances entre clans de samouraïs et de marchands que se fonderont les premiers zaibatsus, trusts militaro-industriels, qui draineront le développement économique et militaire du Japon pendant l’ère Meiji, à la fin du XIXe siècle. Pendant l’ère Tokugawa, c’est la société japonaise tout entière qui aura adopté l’éthique du Bushido et la conversion des marchands parachevera un modèle clanique d’organisation devenu national.

La force principale du Bushido est de ne pas être un code écrit, et de refléter un état d’esprit plus que de fixer une doctrine. Contrairement à la loi écrite, dont le propre est de définir, d’inclure et d’exclure, le caractère non écrit du Bushido permet à chaque Japonais de s’identifier à sa manière aux valeurs chevaleresques nippones. C’est dans ce tissu culturel que se constitue le redéploiement d’un nationalisme nippon d’autant plus fort qu’il est situé aux racines de l’imaginaire et des croyances, d’autant plus présent que ses règles éthiques sont intimement mêlées aux comportements quotidiens, d’autant plus ancré qu’il n’est pas défini. A la fin de cette période, le Japon tout entier est devenu un clan de samouraïs. Ainsi, l’ensemble des comportements nippons est orienté par le Bushido. Citons deux traditions culturelles qui en découlent : l’une quotidienne, le Giri, l’autre exceptionnelle, le Seppuku, suicide rituel.

Le Giri, lourd fardeau

L’exemple du Giri (le lien, le lourd fardeau, l’obligation) illustre le réseau d’obligations interpersonnelles, qui maintiennent quotidiennement la société nipponne soudée et hiérarchisée (Ruth Benedict, 1946). En Asie, les notions d’obligation et de devoir sont les valeurs relationnelles fondamentales qui assurent la pérennité du groupe. Au Japon, elles sont formalisées de manière radicale à travers la tradition du Giri, qui définit méticuleusement l’ensemble des devoirs qu’on a envers ses parents, ses supérieurs, tous ceux qui ont fait quelque chose pour soi ou pour sa famille. Réciproquement, tout ce qu’on a fait ou qui a été fait par notre famille, a établi des obligations chez les bénéficiaires de ces attentions.

La dignité d’un individu consiste à remplir ses obligations et, à chaque fois qu’il le fait, il suscite une contre-obligation envers lui. De plus, chaque obligation doit être proportionnée au statut de la personne (supérieur, pair ou subordonné) ce qui définit la hiérarchie sociale et les liens de suzeraineté et de vassalité qui fondent l’ordre clanique et féodal nippon.

Ces obligations sociales sont symbolisées par des échanges annuels de cadeaux qui doivent être proportionnés aux obligations et dont la taille varie selon le rang hiérarchique. Ainsi la vie se passe dans une chaîne imprescriptible de dons et de contre-dons, qui structure les liens relationnels du groupe.

Le Seppuku et la mort volontaire

Les valeurs les plus radicales de la culture des samouraïs sont illustrées par le "Hagakure", de Jocho Yamamoto, manuscrit secret du XVIIIe siècle. L’édition de 1985 du Hagakure comprend un commentaire de Mishima qui actualise cette tradition. Hagakure signifie "Caché derrière les feuillages", et désigne la période de la fin de vie d’un samouraï, pendant laquelle il se réfugie souvent dans un temple bouddhiste pour observer la société de loin, pour prendre de la distance et faire son bilan spirituel.

Le principe le plus caractéristique de Jocho Yamamoto est que, dans toutes les situations dangereuses ou indécises, il recommande aux samouraïs le choix du fanatisme et de la mort volontaire. Le samouraï est né pour se battre et, en toutes circonstances, il doit le faire jusqu’au sacrifice suprême. On peut rapprocher ce thème de "La mort volontaire" (Maurice Pinguet, 1984) du suicide rituel, le Seppuku, qui permet de racheter une faute ou de protester contre une injustice. Ce rite va aussi être utilisé de manière coercitive par l’Etat, qui en fait le châtiment suprême imposé pour qu’un fautif puisse, par sa mort, racheter son honneur.

Au Japon, le suicide est considéré comme un rituel de maîtrise, à l’opposé du suicide souvent considéré comme une perte de contrôle en Occident. Le rite consiste en une cérémonie publique où il s’agit de s’ouvrir le ventre latéralement avec un sabre, puis verticalement en remontant au plus haut vers le plexus. Pendant ce temps, un ami ou un assistant se tient derrière l’officiant pour lui trancher la tête avant qu’il ne perde le contrôle de son acte. Mais un esprit de liberté et de défi subsiste jusque dans la mort volontaire. Le Seppuku peut être décidé comme protestation contre une injustice que le suicidé a subie, le déshonneur retombe alors sur celui qui a commis l’injustice. Enfin, nous pouvons rapprocher ce fanatisme avec la rationalité paradoxale de la guerre totale : en assumant l’éventualité de sa mort, le samouraï n’a plus rien à perdre, il est donc en position de supériorité psychologique par rapport à tous ceux qui n’ont pas fait ce choix radical, il a donc plus de chances de vaincre et de rester en vie !

Ainsi tous les aspects de la culture japonaise contribuent à un système de contrainte : du pouvoir despotique et des mœurs qui fondent la cohésion au quotidien, jusqu’aux religions qui maintiennent l’unité des clans, des groupes sociaux et de la nation. Le Bushido, code d’honneur de la caste des samouraïs, qui transcende le tout, pousse l’intériorisation des contraintes et des devoirs jusqu’au fanatisme et à la mort volontaire. Dans notre prochain article, nous verrons que Mushashi, grâce à sa philosophie du combat, échappe pratiquement à toutes ces contraintes.

Annexe sur le consensus bouddhiste

Voici un bref résumé sur la manière dont le consensus se conçoit au Japon.

Dans les monastères bouddhistes, compte tenu de la philosophie communautaire et de l’absence de hiérarchie ecclésiastique centralisée, toutes les décisions importantes se prennent dans le consensus et à l’unanimité. En Asie, le mot consensus ne signifie pas que tout le monde soit d’accord, mais que, dans le cadre d’une prise de décision, on écoute tout le monde et qu’on intègre l’ensemble des points de vue. En effet, hors une simple adhésion, une prise de décision peut provoquer deux types d’objections, non-fondées ou fondées. Si les objections ne sont pas fondées, il faut expliquer en quoi consiste l’erreur pour éviter qu’elle se reporte sur la mise en œuvre. En revanche, en cas d’objections fondées, il faut les intégrer à la prise de décision pour l’optimiser.

En Occident, les notions de consensus et, plus encore d’unanimité sont a priori suspectes : on considère qu’étant donné la diversité naturelle des opinions humaines, un consensus est "mou" par essence, c’est-à-dire fondé sur le plus petit dénominateur commun. De même, l’unanimité est souvent un mythe qui masque une décision imposée par un chef ou un vote majoritaire. En Asie, ce sont les notions occidentales de majorité et de minorité qui posent problème : si une décision est prise par une majorité, comment s’assurer que la minorité coopère sincèrement à son exécution ? La différence tient au fait qu’en Occident, les décisions sont prises par une minorité, voire par une seule personne, mais que l’exécution de la décision est le fait d’une majorité qui n’est le plus souvent pas consultée : comme dit le proverbe "l’intendance suit". D’un point de vue bouddhiste, au contraire, on ne peut prendre une décision qu’après s’être assuré des conditions de son exécution, d’où l’importance du consensus et de l’unanimité. Mais comment les obtenir ?

Le consensus se réalise à travers une série de réunions dont le but est de faire converger les points de vue (SC. Kolm, 1983). Lorsqu’on ne parvient pas à l’unanimité, la méthode consiste à élargir la réunion en y incluant d’autres groupes concernés, ou à multiplier les réunions dans l’environnement connexe. L’idée est étrange pour un Occidental, qui aura tendance à penser que plus on multiplie les réunions, plus on augmente le nombre de participants à une réunion, plus on aura de mal à faire l’unanimité. La question bouddhiste est : quelles sont les raisons génériques qui peuvent empêcher l’unanimité ?

La première raison est objective : le manque d’information empêche une évaluation correcte. La deuxième raison est subjective : des désaccords interpersonnels brouillent la discussion rationnelle. Dans les deux cas, l’élargissement de la réunion permet de répondre au problème : d’une part, en augmentant le nombre de cerveaux et en conséquence l’information disponible ; d’autre part, en noyant les oppositions personnelles dans le groupe, au nom du refus de l’ego. Là où la psychologie occidentale des masses joue sur le plus petit commun dénominateur, la psychologie communautaire bouddhiste joue sur le plus haut dénominateur commun : le dépassement de l’ego et de ses illusions.

S’il subsiste des désaccords non exprimés, le bouddhisme enseigne des techniques de médiation qui permettent de résoudre les oppositions en douceur : ne pas s’exprimer sous une forme péremptoire qui provoquera le rejet ; émettre une idée de manière incorrecte afin que l’interlocuteur puisse sauver la face en la corrigeant puis en la reprenant à son compte ; exprimer les directives de manière suffisamment floue pour que chacun puisse les décliner et se les approprier. Le but est de dissoudre les oppositions sans avoir à trancher, d’harmoniser les points de vue dans un certain flou, de dire sans formuler pleinement les choses, de laisser chacun adapter les implications d’une décision dans son propre domaine de responsabilité.

Au cas où tous ces moyens ne suffiraient pas à créer le consensus et l’unanimité, la décision n’est pas prise. La méthode consiste à ne pas prendre de décision qui viendrait remettre en cause l’unité du groupe, et à privilégier sa pérennité. Grâce à cette méthode et à sa psychologie, le bouddhisme est garant du consensus et de l’unanimité qui deviennent des règles d’autant plus puissantes dans la société japonaise qu’elles ne sont pas formulées !

Répondre à cet article


version iPhone | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | SPIP | Nous contacter | S'abonner