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Où en suis-je avec les arts martiaux (suite) ?

jeudi 13 mars 2008, par Bernard NADOULEK

Dans mon précédent article, intitulé « Où en suis-je avec les arts martiaux ? », j’esquissais un point sur ma pratique des arts martiaux. Je décrivais rapidement les caractéristiques des deux disciplines que je pratique de manière très personnelle - le taï chi, art martial chinois exécuté au ralenti, et le ken jutsu, style originel du sabre japonais - et je concluais sur le fait que le but de cette pratique était de stimuler les qualités indispensables à la vie quotidienne, principalement la posture, la respiration et la concentration. Dans ce même article, je précisais également que je n’enseignais plus, sans vraiment expliquer pourquoi.


Ce n’est pas une baisse d’intérêt ou encore l’âge qui m’ont fait cesser l’enseignement, mais tout simplement l’application d’un de mes postulats : pour être crédible, une pratique ou un enseignement professionnel des arts martiaux doit se caractériser par la régularité quotidienne. Pendant plus de vingt ans, j’étais tous les jours sur le dojo (4h en tant que professeur et 2h pour mon entraînement personnel), ce qui me rendait efficace comme pratiquant et légitime comme professeur.

Beaucoup de pratiquants ont fait la même expérience que moi : une période de pratique très intense pendant leur jeunesse, puis un abandon progressif ou brutal causé par la vie professionnelle. J’ai tenté à plusieurs reprises de maintenir un enseignement bénévole dans des petits clubs mais, après avoir pratiqué au plus haut niveau professionnel, ce n’était guère satisfaisant. Jusqu’à l’année dernière, je me contentais donc de m’entraîner seul à chaque fois que c’était possible : ce qui n’est pas négligeable, mais pas satisfaisant non plus.

C’est avec la série d’articles que j’ai publiée depuis septembre 2007 que ma réflexion a pris un nouveau cours. Si ma pratique actuelle ne correspondait pas à mes anciens postulats, pourquoi ne pas changer ces postulats ? Pour cela, il me fallait revenir sur ma conception des arts martiaux, sur ma volonté de continuer à les pratiquer en évoluant avec l’âge et sur la manière de les pratiquer régulièrement en parallèle avec une activité professionnelle.

Sur les arts martiaux eux-mêmes, le choix des disciplines, des techniques et des méthodes doit évoluer avec l’âge. Jusqu’à 25 ans j’ai travaillé le karaté Shotokan, ainsi que d’autres techniques de combat, avec passion, avec violence, et même avec une passion juvénile pour la violence. A cet âge, c’est dans le combat et la compétition qu’on trouve la confirmation des ses performances et de sa progression globale. Entre 25 et 30 ans, à l’apogée de ma condition physique et de mon statut de professionnel du karaté, je me limitais en combat pour préserver mon énergie et mon efficacité. J’avais déjà commencé à me tourner vers le taï chi et le ken jutsu pour avoir une base d’entraînement quotidien plus basée sur le ressourcement que sur l’effort. Après 30 ans, j’avais pleinement conscience du fait que vouloir durer avec l’âge dans des disciplines violentes est ridicule du point de vue de la crédibilité professionnelle et dangereux pour le corps. Même les sportifs de haut niveau doivent s’épargner pour durer. Mon critère actuel est de choisir des techniques de ressourcement que je pourrai pratiquer, je l’espère, jusqu’à ma mort.

Pour continuer à pratiquer les arts martiaux en évoluant avec l’âge, je vise aujourd’hui une pratique pour adultes, y compris sportifs de haut niveau, et pour seniors, avec un entraînement qui n’est pas fondé sur les performances physiques, mais sur les compétences de la maturité. Enfin, pour s’entraîner régulièrement, en parallèle avec une activité professionnelle, mon objectif est de pratiquer des exercices courts (3mn), applicables dans n’importe quelles circonstances : à la maison, pendant le travail, en voiture, en promenade ou en vacances. C’est la seule façon possible de trouver une nouvelle forme de régularité.

C’est sur ces bases que j’ai décidé de formaliser mes entraînements des dernières années, de créer un art martial du ressourcement et de pratiquer un nouvel enseignement visant à favoriser l’autonomie des pratiquants.

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