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Vers une crise du système mondial ?

lundi 18 février 2008, par Bernard NADOULEK


Les signaux d’une crise structurelle convergent. Géopolitique : recul des Etats-Unis et du dollar, montée en puissance des pays émergents, piétinements européens, multiplication des conflits locaux, terrorisme, affrontements identitaires, prolifération nucléaire. Economie : crise des ressources et de l’énergie ; déprime de la croissance dans les pays développés ; guerre économique mondiale qui s’accentue autour du contrôle des ressources naturelles ; dérives spéculatives et crises financières. Ecologie : changement climatique, pollution, multiplication des catastrophes naturelles. Quels seront les effets conjugués de ces phénomènes ? Une crise systémique mondiale ? Il est urgent de nous poser quelques questions.

Les institutions internationales et les négociations en cours sont-elles susceptibles de fournir des réponses globales à la hauteur de ces problèmes ? Il semble, au contraire qu’elles soient quasi impuissantes. Pourquoi l’ONU et son conseil de sécurité semblent-ils paralysés dans un contexte géopolitique si instable ? Pourquoi les objectifs et les résultats du Protocole de Kyoto sont-ils si insignifiants par rapport à l’ampleur de la crise écologique ? Pourquoi les négociations sur l’après-Kyoto sont-elles si timides par rapport aux dangers qui pèsent sur notre planète ? Pourquoi les négociations de l’OMC vont-elles d’échec en échec ? Pourquoi la transparence des échanges internationaux recule-t-elle devant la multiplication d’accords bilatéraux marqués par les rapports de force ? Pourquoi le marché globalisé recule-t-il devant une guerre économique mondiale de type quasi mercantiliste ?

Si les institutions internationales semblent impuissantes, qui peut se substituer à elles ? Les Etats des pays développés ? Ils ne sont pas avares de déclarations généreuses, mais ils retombent invariablement dans des préoccupations unilatérales et électorales de défense du niveau de vie. Les Etats des pays émergents ou en voie de développement, qui affichent clairement leurs objectifs de croissance pour améliorer leur niveau de vie, alors même que le modèle des pays développés qu’ils souhaitent rejoindre semble condamné ? Les entreprises multinationales, qui subissent une pression permanente et court termiste des marchés financiers ? Ces mêmes marchés financiers, dont les comportements spéculatifs et moutonniers accentuent les risques de crise financière globale ? Les sociétés civiles, droguées à la croissance, au pétrole et à la consommation de masse ? Les opinions publiques, tétanisées face aux spectres du chômage, de la précarité et de la misère ? Les mouvements altermondialistes, dont les préoccupations légitimes semblent sombrer dans les incantations de la nouvelle mode du développement durable ? Pourquoi une véritable fuite en avant collective semble-t-elle éluder ces questions ? Faudra-t-il attendre le crash pour réagir dans un contexte mondial où tous ces facteurs de crise se seront aggravés ? Ne sommes-nous pas capables d’anticipation ?

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